Le pouvoir des symboles et des archétypes dans le cheminement thérapeutique

Introduction

Les symboles sont partout autour de nous.

Ils habitent nos rêves, nos contes d’enfance, nos œuvres d’art, notre environnement, nos gestes les plus anciens. Mais la plupart du temps, nous ne les voyons pas : nous vivons au milieu d’un monde symbolique sans en franchir le seuil, comme on traverserait une pièce pleine de portes sans jamais en ouvrir aucune.

Pour les professionnels de l’accompagnement, apprendre à reconnaître un symbole, à le distinguer d’un simple signe, et à accueillir ce qu’il vient réveiller, ouvre un espace de travail thérapeutique d’une richesse considérable.

Symbole ou signe ? Une confusion fréquente

On confond souvent symbole et signe, alors qu’ils n’appartiennent pas au même monde.

Un signe renvoie à quelque chose de connu, par une convention que nous avons définie et/ou apprise : un panneau de sens interdit signale une règle de circulation, rien de plus. Il est circonscrit entièrement dans ce qu’il désigne.

Le symbole, lui, ne se définit jamais tout à fait : il garde une part inconnaissable, insaisissable, tellement il recouvre une réalité plus grande que nos conceptions. Il existe donc une deuxième distinction : celle qui sépare le concept, ou le savoir, du symbole, et un symbole vivant et vibrant que l’on ressent.

Prenons l’exemple du lion et de sa symbolique. On peut croire connaître intellectuellement toute la symbolique du lion, au travers d’un dictionnaire des symboles ou d’une recherche personnelle. Il est déjà possible de travailler avec ce niveau symbolique. Relions-nous maintenant au vrai lion, l’animal, qui incarne ce symbole. S’il est en cage, dans un zoo, il reste certes impressionnant, mais il ne peut pas, dans cet espace restreint où il est privé de la chasse et de la défense d’un territoire, exprimer toutes les facettes dont il est intrinsèquement composé. Nous y côtoyons alors un animal diminué, et surtout nos propres projections ou ce que nous connaissons déjà de lui.

Le lion que nous appelons « roi de la savane » est autre chose : un animal dans la pleine expression de sa nature profonde. Par là même, il est une présence vibrante, qui comporte du mystère. En étant pleinement dans son « être naturel », le lion nous met en résonance avec des parts non conditionnées et non domestiquées de nous-mêmes, il stimule notre soi profond. Le lion devient alors comme un modèle pour notre psyché, qui nous met au contact d’une énergie archétypale très puissante, une figure qui traverse les mythologies, les blasons, les contes, et qui continue de résonner en nous à travers l’animal réel.

Le symbole ne représente pas une chose : il l’incarne, et par cette incarnation, il nous met en contact avec une part de nous-mêmes.

Le symbole comme porte vers l’inconscient

Pour Carl Gustav Jung, le symbole est la meilleure expression possible, à un moment donné, d’un contenu psychique que la conscience ne peut pas encore saisir pleinement. Il fait le pont entre ce que nous savons de nous-mêmes et ce qui, en nous, cherche encore à se dire.

Accepter un symbole, c’est un peu comme ouvrir une porte vers une pièce dont on ignorait l’existence. Ce qui s’y trouve n’est pas toujours confortable, mais c’est précisément là que réside sa puissance : le symbole ne flatte pas nos certitudes : il les reflète, les questionne, et participe à un mouvement interne qui cherche à nous faire advenir à notre entièreté.

C’est pour cette raison que les symboles occupent une place si centrale dans de nombreuses approches thérapeutiques : ils permettent d’accéder à des zones de la psyché que le langage rationnel, à lui seul, atteint plus difficilement.

Les archétypes, des forces universelles de l’inconscient collectif

Derrière les symboles qui reviennent d’une culture à l’autre, d’une époque à l’autre, Jung situe les archétypes : des structures universelles de l’inconscient collectif, communes à toute l’humanité.

Le roi, le héros, la mère, l’ombre, le sage : ces figures ne sont pas de simples inventions culturelles. Elles se manifestent partout, sous des formes différentes, parce qu’elles correspondent à des dispositions psychiques fondamentales, chargées d’une intensité émotionnelle propre. C’est cette charge qui explique pourquoi certaines images nous saisissent sans que nous sachions vraiment pourquoi : elles ne s’adressent pas qu’à notre intellect, elles touchent quelque chose de plus profond et essentiel.

Quand des archaïsmes se glissent en obstacles

Cette résonance symbolique n’est pas toujours douce.

Chez certaines personnes, des vécus précoces, une peur ancienne, une dissonance cognitive, un sentiment d’avoir été envahi, peuvent avoir laissé des traces archaïques qui viennent se révéler dans la rencontre avec le symbole. Au lieu d’ouvrir un espace, le symbole peut alors raviver une alarme, une sidération, une difficulté à se sentir soi-même face à ce qui est évoqué. C’est alors l’occasion de dialoguer avec la psyché, remettre en mouvement, dépasser et intégrer ces aspects de soi.

Ces archaïsmes, ou ces réactions émotionnelles, désignent souvent l’endroit précis où la personne a le plus besoin d’être accompagnée pour retrouver son authenticité, au-delà des mécanismes de protection installés très tôt.

Le langage symbolique dans l’accompagnement thérapeutique

Cette dimension symbolique n’appartient à aucune méthode en particulier : elle semble être universelle et intemporelle.

Dans mes propositions, elle traverse plusieurs approches ou processus que j’enseigne.

Dans le coaching par les contes, elle prend la forme de figures et de récits qui éclairent une situation de vie. Dans le processus de psychogénéalogie & art-thérapie, elle permet de représenter et de transformer ce qui se joue, parfois silencieusement, dans l’histoire familiale. Dans le travail sur l’enfant intérieur, cette direction vers son authenticité et son entièreté, portée par un soi unificateur inconscient, est en arrière-plan de la démarche.

Dans ces différents cas, le symbole est un langage à part entière, qui demande d’être appris, respecté et manié avec discernement.

FAQ

Un symbole a-t-il la même signification pour tout le monde ?

Pas totalement. Les archétypes portent une dimension universelle, mais ce qu’un symbole évoque précisément dépend aussi de l’histoire et du vécu de chaque personne : un même symbole peut résonner très différemment d’un individu à l’autre.

Comment savoir si une image a une valeur de symbole pour moi ?

Le signe le plus fiable est souvent l’intensité de la réaction qu’elle provoque : une émotion forte, une fascination, un malaise, ou une résonance qui dépasse largement ce que l’image représente objectivement.

Les symboles n’apparaissent-ils que dans les rêves ?

Non. Ils peuvent surgir dans les rêves, mais aussi dans les contes, l’art, la nature, certaines rencontres, ou des objets du quotidien qui prennent, à un moment donné, une valeur particulière.

Dans quelles formations retrouve-t-on ce travail sur les symboles ?

Ce travail est présent dans le coaching par les contes, dans le processus de psychogénéalogie & art-thérapie, et en arrière-plan du travail sur l’enfant intérieur, trois approches qui s’appuient, chacune à leur manière, sur le langage symbolique.

→ Découvrir la formation Coacher par la voie des contes, la formation Psychogénéalogie & art-thérapie, ou la formation Travailler avec l’enfant intérieur