Deuil périnatal : accompagner les parents avec justesse, sans s’épuiser émotionnellement

Introduction

Le deuil périnatal est une épreuve singulière, souvent difficile à partager, qui bouleverse profondément les parents, le couple et l’ensemble de la famille.

Fausses couches tardives ou précoces, interruption médicale de grossesse, mort in utero, décès néonatal… Ces situations confrontent les professionnels de l’accompagnement à la douleur intense des parents, parfois difficile à accueillir, à contenir, à accompagner.

Certains professionnels rencontrent le deuil périnatal sur le moment, en service de maternité, de réanimation ou de soins palliatifs pédiatriques. D’autres l’accompagnent après coup, en cabinet, quelques jours, quelques semaines ou parfois plusieurs années après la perte. Ces contextes d’accompagnement demandent des repères et des éléments d’interaction sur-mesure pour se sentir stables et confiants.

Psychologues, sophrologues, psychothérapeutes, professionnels de la relation d’aide, soignants en maternité peuvent alors souhaiter renforcer leurs compétences : comment être présent en restant confiant, sans être déstabilisé ? Comment soutenir sans absorber la souffrance ? Comment accompagner un travail qui, parfois, n’a jamais vraiment commencé ?

Dans le deuil périnatal, il y a des préalables pour pouvoir avancer, qui, s’ils ne sont pas connus et élaborés dans l’histoire du patient, peuvent contribuer à le bloquer dans une phase du deuil.

Sur des outils de conduite d’entretien : car si l’humanité est indispensable, elle ne suffit pas. Il s’agit d’identifier et d’apprendre des typologies de questionnements respectueux, et de pouvoir se situer dans les réactions atypiques que peut avoir un parent.

Cette formation permet de mieux comprendre les spécificités du deuil périnatal et d’acquérir des repères concrets pour accompagner les parents avec humanité, clarté et sécurité émotionnelle.

Le deuil périnatal : un deuil spécifique, encore trop peu reconnu

Le deuil périnatal ne ressemble à aucun autre deuil.

Il touche un enfant qui a peu ou pas vécu aux yeux du monde extérieur, mais qui existait déjà pleinement dans l’imaginaire, le corps, les projections et l’histoire des parents.

Cette réalité rend souvent la souffrance difficile à faire reconnaître. Les proches peuvent minimiser, chercher à consoler trop vite ou ne pas savoir quoi dire. Les parents, eux, peuvent traverser une douleur profonde, mêchée de sidération, de culpabilité, de colère, d’incompréhension ou de solitude.

Pour les professionnels, il est essentiel de comprendre les mouvements psychiques spécifiques liés à la grossesse, à la parentalité naissante et à la perte de l’enfant attendu pour rejoindre au plus proche le vécu des parents.

Par exemple, notre psyché peut intégrer la mort de quelqu’un qui a vécu. Le deuil périnatal demande donc de reconnaître et de soutenir ce mouvement instinctif : les parents mettent souvent d’abord de l’énergie à rencontrer leur enfant, aussi courte sa vie ait-elle été, avant même de pouvoir commencer à en faire le deuil. Cela amène des demandes ou comportements très précis en maternité. Honorer cette vie, garder une trace, se l’approprier comme réelle : ce mouvement précède le travail de deuil à proprement parler.

Cette réalité rend souvent la souffrance difficile à faire reconnaître, y compris des années plus tard. En cabinet, un parent peut consulter pour un tout autre motif — anxiété, difficulté de couple, nouvelle grossesse — et découvrir en séance qu’un deuil périnatal ancien, jamais vraiment traversé, élaboré et intégré, continue d’agir. Savoir reconnaître ces traces différées fait partie des repères essentiels du professionnel.

L’approche proposée invite aussi à ne pas opposer la mort à la vie, mais à la penser comme en faisant partie. Paradoxalement, ces épreuves peuvent faire émerger, malgré la douleur, une intensité de vie inattendue. Le rôle du professionnel n’est pas seulement de contenir la souffrance : c’est aussi de soutenir ce mouvement de vie qui cherche son chemin à travers l’épreuve.

Pourquoi les professionnels de l’accompagnement peuvent se sentir parfois démunis

Face à un deuil périnatal, beaucoup de professionnels ressentent, à un moment ou un autre, une forme d’impuissance.

Les mots semblent insuffisants. La situation peut résonner avec sa propre histoire, ses croyances, ses peurs ou ses représentations de la maternité, de la mort et de la famille.

Sans repères précis, certains mécanismes peuvent apparaître : vouloir trop bien faire pour épargner le parent, au risque de s’épuiser ; ou se protéger en mettant de la distance, au risque de rompre la qualité de présence ; ou encore se censurer ou s’inhiber par crainte de dire quelque chose qui marquerait le parent.

Le rôle du professionnel est d’offrir un cadre sécurisant, une écoute profonde, une présence stable et des repères adaptés à chaque étape du cheminement, qu’il intervienne au moment de l’événement ou bien plus tard.

Que dire à des parents confrontés à un deuil périnatal ?

Le professionnel accueille souvent des parents qui reviennent, parfois plusieurs semaines, mois ou années après la perte, sur des phrases entendues dans leur entourage familial, amical ou professionnel. Certaines paroles, pourtant bien intentionnées, ont pu être vécues comme une négation de leur douleur :

  • « Vous êtes jeunes, vous en aurez un autre »
  • « Il faut avancer »
  • « La nature fait parfois bien les choses »
  • « Au moins, vous savez que vous pouvez tomber enceinte »

Accompagner ne consiste pas à trouver la phrase parfaite qui aurait dû être dite.

Il s’agit plutôt d’offrir un espace où cette douleur peut enfin exister sans être corrigée, minimisée ou évitée, parfois pour la première fois depuis la perte.

Développer une posture thérapeutique juste, protectrice et saine

Accompagner le deuil périnatal demande de travailler sa posture.

Cela suppose d’identifier ses propres filtres de perception : ce que l’on projette sur la mort, la parentalité, la grossesse, la culpabilité ou la souffrance. Ces représentations influencent la manière d’écouter, de répondre ou parfois d’éviter certains sujets.

L’objectif est de pouvoir accompagner en restant stable et confiant, en sachant poser un cadre, reconnaître ses limites ou les contraintes propres à sa structure d’exercice, et développer une juste distance émotionnelle.

La formation propose un travail sur la posture du professionnel pour rester présent, professionnel et humain, tout en se préservant.

Cet événement est aussi replacé dans un contexte qui peut ou a pu mettre en contrainte les parents autant que les professionnels : délai juridique, réalité physiologique, autopsie, vécu de l’accouchement. Ces compétences sont aussi adaptées pour les professionnels qui travaillent en maternité et qui doivent gérer des actes médicaux tout en accompagnant émotionnellement les parents.

Une formation pour les psychologues, sophrologues, thérapeutes et professionnels de santé

Cette approche du deuil périnatal s’appuie sur une expérience de terrain initiée en 2010 auprès de services de maternité, de réanimation et de soins palliatifs pédiatriques.

La formation « Deuil périnatal » animée par Véronique Bouquet réunit, en inter-entreprise, des professionnels d’horizons variés : psychologues, psychothérapeutes, sophrologues et professionnels de la relation d’aide en cabinet libéral, mais aussi des salariés de structures venant à titre individuel. Elle s’adresse aux professionnels qui accompagnent les parents sur le moment, après coup, ou parfois des années plus tard.

Elle se déroule à Nantes, en petit groupe, en présentiel — un format qui permet de travailler concrètement sur des situations vécues et sur ses propres résonances face à ce sujet.

Une formule intra-entreprise est également possible pour un service ou une équipe hospitalière constituée, y compris pour des maternités situées en dehors de Nantes : me contacter pour étudier votre projet.

FAQ

À qui s’adresse cette formation sur le deuil périnatal ?

Elle s’adresse aux psychologues, psychothérapeutes, professionnels de la relation d’aide, sages-femmes, infirmières, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, aides-soignantes et professionnels de santé ou paramédicaux amenés à accompagner des parents confrontés à une perte périnatale, en libéral comme en structure.

Cette formation est-elle disponible en distanciel ?

Non, elle se déroule uniquement en présentiel — un choix pédagogique délibéré, expliqué plus en détail dans notre article dédié au choix du présentiel dans les formations aux processus thérapeutiques.

En maternité, comment jongler entre protocoles hospitaliers et accompagnement empreint d’humanité ?

Le contexte hospitalier impose des délais, des protocoles et des actes médicaux incontournables : constat, délai légal, parfois autopsie. Le professionnel doit pouvoir tenir ces deux exigences ensemble, sans que l’une prenne le pas sur l’autre. La formation apporte des repères concrets pour rester à la fois rigoureux dans le cadre et pleinement présent auprès des parents.

La formation aborde-t-elle l’accompagnement de la fratrie ?

Oui. Elle propose des repères précis pour accompagner les enfants de la fratrie, adaptés à leur âge et à leur compréhension de la mort.

Existe-t-il une formation deuil périnatal à Nantes ?

Oui. Véronique Bouquet propose une formation de 3 jours à Nantes pour les professionnels de l’accompagnement, de la relation d’aide et de la santé, en inter comme en intra-entreprise.