Le point de départ du processus de travail avec l’enfant intérieur est dans le présent et les problématiques d’aujourd’hui.
Chez l’adulte que nous recevons en séance, nous identifions quelles sont
- les répétitions, les récurrences de vécus (rejet, déception, désamour, sidération, inhibition, peurs, colère, contrôle…)
- ou les réactions disproportionnées ou non ajustées (vis-à-vis d’un enfant, d’un conjoint, d’un collègue, d’un hiérarchique…)
Au-delà des systèmes de croyances et de représentations qui sont requestionnés et redessinés à l’aide de repères structurants, ces ressentis nous orientent vers un « fil de mémoire » où, dans des situations diverses s’est jouée la même « structure de fond ».
Ces récurrences dans le vécu ont souvent renforcé :
- des comportements défensifs (agressivité, contrôle, repli, inhibition, pas de vagues, pas déranger…) assez pauvres en créativité et en « pouvoir personnel ajusté »
- une perception faussée de soi et de son identité (je suis inintéressant/transparent/méchant/mauvais/décevant/dangereux…)
Il peut être épuisant d’avancer dans la vie avec
- des systèmes de « compensation » à une identité de soi distordue
- des émotions que l’on repousse car on se juge de les ressentir.
- De chercher à répondre à ce que la famille/société/culture semble attendre de soi.
La fonction de ce processus :
Sur ce fil de mémoire, sur la base de certaines situations ou contexte du passé qui sont représentatifs ou marquants, le processus va permettre une dialectique originale et efficiente entre :
- l’instance enfant, ado ou jeune adulte, face à des autorités extérieures qui réagissent, donnent des injonctions ou évalue sa valeur (parents, enseignants, milieu social…)
- Et l’adulte que le patient est devenu, avec ses valeurs, ses convictions, son éthique, ses ressentis et émotions.
Il ne s’agit pas de « refaire le passé », ou de « réparer une situation ancienne » puisqu’elle est passée et son déroulé a déjà eu lieu. Il s’agit, en appui sur ces situations dans des âges psychiques où l’on se construit, de faire l’expérience d’être protégé, cru, valorisé, légitimé, reconnu… Cela remet en mouvement des énergies psychiques, des comportements, des aptitudes, des compétences à partir d’une identité de soi restaurée et plus juste.
D’où un travail d’élaboration, de construction ou de renforcement du parent intérieur et du discernement.
Cela revient un peu à vivre « comme si » nous avions reçu une bonne fonction parentale « sur mesure ». Ou, si on prend la métaphore d’une plante : lui apporter de l’eau et de la lumière du soleil pour qu’elle reprenne sa croissance naturelle, et se connaisse en mode vie et non plus survie.
Les bénéfices de ce processus
Ce processus a le mérite :
-d’harmoniser les réactions émotionnelles avec le discernement et la maturité d’aujourd’hui
– de sortir de comportements automatiques
– pour aller vers une palette de réponse plus large et créatives aux situations et relations d’aujourd’hui.
Il permet d’intégrer ses zones d’ombres.
Les zones d’ombre peuvent être
- Des émotions refoulées (une colère liée à une injustice, vécue dans l’impuissance, peut devenir de la rage retenue ou refoulée, par exemple)
- Des qualités ou aptitudes naturelles refoulées car non accueillies ou impossible à exprimer dans son contexte familial, social ou culturel.
- Une identification trop forte à « l’interface sociale » ou rôle social » que l’on a créé, avec une déconnexion plus ou moins grande de son authenticité.
- Des ressentis/émotions/conclusions sur soi liée à des événements que l’on n’a pas intégré (si j’ai harcelé/agressé un élève quand j’étais enfant ou ado, comment je vis avec ce souvenir aujourd’hui ?)
En intégrant ces éléments, la personne se sent de plus en plus entière, unifiée, solide, confiante, légitime, capable et authentique.
Retrouver un « état d’enfance » en soi
Ce travail permet aussi de replacer l’enfant intérieur dans un « état d’enfance » plus libre, moins conditionné, donc de favoriser la joie de vivre, une forme de spontanéité, de la créativité (dans les résolutions de problèmes par exemple). Cela améliore souvent les capacités de régénération et de détente. La personne trouve un plus juste équilibre entre vigilance et lâcher prise.
La personne a le sentiment d’être plus proche de sa personnalité de fond, sa vraie nature, tout en s’adaptant ou en prenant en compte intelligemment son environnement.
Autres indications
Ce processus peut aussi s’adapter à des événements récents qui ont été marquants (annonce d’une maladie, licenciement, rupture…). Ils ne concernent pas uniquement les situations de l’enfance, mais celles qui ont besoin d’être élaborées après une charge émotionnelle importante.
Ces processus ont des adaptations pour les personnes qui ont vécu ou présentent des signes de traumatisme.
Comme pour tout processus thérapeutiques, ils peuvent avoir des contre-indications, ou des adaptations à certains fonctionnements. Ces processus sont un complément dans votre éventail thérapeutique et s’insèrent dans une pratique plus large. Ils sont particulièrement performants quand un travail d’élaboration a lieu en amont ou en alternance de ces séances avec vos pratiques habituelles.
A qui s’adresse la formation pour apprendre ces processus?
Pour les professionnels qui ont une formation initiale en psychologie, en psychothérapie ou dans une approche thérapeutique.
Pour les professionnels qui ont au moins un an d’expérience professionnelle ou de conduite d’entretien.